A noter : les japonaises décadentes n'étaient pas au rendez-vous. A la place, nous avons eu des élèves d'une école d'art. Les filles prennent des notes consciencieusement, les garçons font des milliers de photos en ricannant.
Alors que les autres posent en essayant de suivre les consignes données probablement par Warhol (ou un assistant), bouger le moins possible toute durant la durée de la prise de vue, Marcel Duchamp, lui, ne tient pas en place. Il tire sur son cigarre, bois quelques gorgées à un verre, balance des coups d'oeil vers des personnes situées hors champ et leur fait même signe à plusieurs reprises de se taire ou d'être plus silencieux. Pour une raison qu'il est seul à connaître, Duchamp évite le regard de l'ojectif, pas comme une personne qui a peur, mais plutôt comme un individu qui en défie un autre, l'ignorant avec une pointe de mépris la plupart du temps et balançant par surprise de brefs regards qui tuent. Bill a réussi à saisir un "killing look" duchampien.
La première salle était consacrée aux collages de The Third Mind.
Je connaissais la plupart de ces oeuvres par des mauvaises reproductions que j'avais scrutées (pendant l'année difficile) avec une très grande attention. Me retrouver devant les oeuvres originales était évidemment un choc. Il faut rester un moment dans cette petite salle, si possible seul (c'est possible, l'expo n'attire pas la foule). Au bout d'un moment, vous sentirez peut-être vibrer le troisième esprit émanant des pages accrochées aux murs. Essayez, cela ne coûte rien.
Le reste de l'exposion est très convenu mais pas désagréable. L'accrochage a été confié à un artiste dont j'ai oublié le nom qui a réuni quelques potes autour de concepts fumeux vaguement inspirés de Burroughs. Le texte de présentation est à gerber, dans cette manière à la fois prétentieuse et vaine qui est devenue le signe distinctif de l'art dit "contemporain". Cet art officiel qui essaie d'avancer masqué a depuis un certain temps généré son propre académisme. Cette exposition est une magnifique occasion de le vérifier.
Ici, deux tendances de l'installation : le trash et le kitsch.
Je pourrais continuer ainsi en riant du petit tas de détritus ou des dessins pornographiques maladroits, mais tous ces poncifs ont déjà été souvent moqués et surtout, cela ne sert à rien.
Retour au soleil, direction Trocadéro (où nous attendaient les jeunes japonaises décadentes) pour la fin de la promenade du 27 novembre 2007.
Fin