lundi 30 décembre
Bon. Le plus dur est passé. Il reste encore le "réveillon" (ce mot !) du nouvel an. Beuverie entre amis : c'est déjà plus sain que repas trop lourd en famille.
mardi 31 décembre
Je ne suis pas dans le bon rythme au moment des changements d'année. Pour moi, les bilans et les résolutions, ça se passe plutôt en juin (anniversaire). Encore un rituel collectif auquel je ne parviens pas à adhérer. Dommage, parce que celui-ci semble assez sympathique, chaleureux.
mercredi 1 janvier
Je manque d'enthousiasme. Hier, j'ai lu quelques poèmes de Fernando Pessoa qui ont, je le crains, agi insidieusement : vague souffrance sans cause précise, vie irrémédiablement hors d'atteinte, somnolence permanente, sentiment de l'inutilité de tout effort, grosse fatigue métaphysique. Restez à l'écart de Pessoa si vous avez prévu d'être performant pour 2003. Moi, je n'ai trouvé aucune résolution à faire.
jeudi 2 janvier
Je cite de mémoire car je n'ai pas le courage d'aller vérifier (et de toute manière, la traduction est elle-même une approximation) : "Nous avons tous deux vies. La véritable, celle que nous avons rêvée étant enfant et que nous continuons à rêver étant adulte. Et la fausse, celle que nous vivons avec les autres, et où l'on finit par nous mettre dans un cercueil."
vendredi 3 janvier
Pour 2003 ? c'est un vu d'inertie : que rien ne bouge et que le temps, à défaut de s'arrêter, passe slowly - alors que je sais que la réalité sera toute autre (secousses brutales, bouleversements, coups de théâtre à répétition).
samedi 4 janvier
Certains jours, je me dis que ces écrans d'ordinateur sont en train de nous aspirer à notre insu. Fausse crainte, bien sûr : des générations entières ont survécu à l'immersion télévisuelle - avec l'inévitable pourcentage de pertes.
dimanche 5 janvier
On peut trouver que cela fait un peu kitsch, de la beauté pour calendrier des postes. Il n' empêche que cela fait toujours un petit choc lorsqu' on ouvre ses volets et que tout est blanc.