Lundi 3 septembre

Décidément, le fructueux échange avec TH2 aura été l'occasion de mettre pas mal de choses au clair!

Voici les réponses du GFIV (en rouge) à une série de questions (en bleu) qui faisaient suite à la dernière livraison du Journal, elles-mêmes accompagnées des commentaires (en vert) de TH2 (!).

Posons en préambule qu'ici tout le monde apprécie ton travail et ta personne. Comme tu le conseille à la BUA, restons zen.

1 - pourquoi me répondre en public alors que mon mail était strictement privé ?

Nous avons vécu, peut-être à tort, tes questions pressantes concernant l'identité supposée "réelle" des membres du GFIV comme une intrusion de type (ne le prend pas mal) policière.

*** désolé :-(

Quelles que soient tes intuitions et suppositions concernant le GFIV (et celles-ci font partie du jeu), nous ne voulons pas avoir à rendre des comptes.

*** ok

Il faut accepter le flou, l'ambiguïté.

*** alors faut pas s'étonner qu'il y ait des réactions ! (et encore elles sont plutôt cool, en privé etc.)

Ce sont les médias qui prétendent pouvoir toujours en savoir plus et faire des révélations sur ceux qui sont placés sous leurs feux.

*** justement je ne me positionnais pas comme media mais comme public qui fait la démarche de demander lui m^me. mais les frontière sont de plus en plus floues concernant ses deux positions, non ?

Surtout, et c'est ce qui fait que tout ceci n'a strictement aucune importance : c'est le principe d'identité lui-même qui est la principale imposture.

*** ok

En nous poussant dans nos retranchements (lorsque tu as coincé le pauvre LP sur un chat, puis dans les mails qui ont suivi), tu as entraînécette réaction.
*** pourkoi coinçé ? me rappelle pas eclaire ma lanterne ;-)


2 -pourquoi tu utilises des mots comme "Entertainement t" et "productions" (n'est-ce pas là l'amorce d'un double jeu cynique - connais tu l'origine de ce mot ?)

Il existe deux définitions possibles de Cynique. La plus courante : qui s'adapte sans scrupules et avec opportunisme à la
réalité ambiante. Les philosophes cyniques étaient, dans la grèce antique, des marginaux qui refusaient les lois de la vie en société. Nous nous reconnaissons un peu dans les seconds, pas du tout dans les premiers.

*** la vie sur internet est une société non ?

GFIV Entertainement est une allusion ironique à une pseudo entreprise spectaculaire dont le contenu est une critique du spectacle lui-même :-)

*** ok

3 - pourquoi tu ecoutes un groupe relayé par les medias classiques ? (pourquoi je n'ai pas de reponse pour "mama droga" ou pour "les garçons manqués" sur http://www.notsobad.fr.fm)
Oui, nous avons la faiblesse d'écouter de la musique diffusée par l'international buziness. Nobody's perfect ;-)

*** ok

Mais nous apprécions l'underground (et ta curiosité).

*** merci :-)

4 Jane accepte tes excuses.
Voilà.

Dans l'espoir d'avoir répondu à vos interrogations,

*** je suis seul !

Très amicalement,
GFIV Entertainement

*** désolé pour les soucis que je vous ai occasionné mais je suis un accro de l'enquête.

P.S. cet échange restera privé (sauf si tu souhaitais le voir apparaître dans le journal de Jane, bien entendu)

*** c 'est une bonne idée.

bon dimanche

amicalement² aussi

thierry

Mardi 4 septembre

" She's nice. She still sounds like a person when you talk to her on the phone, not an 'artiste', if you know what I mean. And she's fun. " Extrait du texte que Johnnathan Richman a écrit sur Moe Tucker. J'ai eu l'occasion de la voir en concert dans un petit club. Sterling Morrison l'accompagnait à la guitare. Elle chantait Bo Diddley. C'est un souvenir merveilleux.

Le GFIV Orchestra au complet s'est réunis dans la base pour un hommage musical à Maureen Tucker.
Lonesome Pat : rythm guitar & vocal, Bill Térébenthine : lead guitar, Joe Le Gloseur : bass, Jane Sweet : drum

Ecouter Oh Maureen en Real Audio

Mercredi 5 septembre

Je ne voulais plus en parler et j'ai ouvert par hasard (vraiment ?, demande Bill qui lit par-dessus mon épaule) le forum des Inrocks consacré à Plateforme. Je lis : Avec Houellebecq, on assiste juste à la prise de pouvoir de petits journalistes malsains, incapables d'amour, qui s'en donnent à coeur joie pour défendre une vision glauque et prostrée d'une société soi-disant perdue. Houellebecq ne fait que conforter la vision bornée des frustrés, en leur servant sur un plateau des explications toutes faites à leur manque de pouvoir. Il n'y a là aucune avancée.
Pour moi, ce message est OK.

Jeudi 6 septembre

Finalement, ça peut être amusant de retourner travailler, quand on a l'occasion de se se défouler sur un connard qui vous a cherché juste avant les vacances, à un moment où vous n'étiez pas en situation de vous défendre, et qui espérait que vous auriez oublié, ou pire, pardonné. Le pardon n'est pas une bonne chose. Il n'aide pas le mauvais à devenir moins mauvais. Il le laisse croupir dans sa méchanceté et donne un sentiment de supériorité et un faux motif d'auto-satisfaction à celui qui pardonne. La vengeance seule est parfaitement morale.

Vendredi 7 septembre

La technique c'est pas glop quand tous les fichiers du site ont été plantés par votre hébergeur. Anyway, nobody can stop us now.

Samedi 8 septembre

Le nouvel album de Dylan sort aujourd'hui. C'est du blues. Il semblerait que ce soit un bon disque. Les moins de trente ans ne peuvent pas comprendre ce que cela représente. Ils s'en foutent et ont probablement raison.

Dimanche 9 septembre

Pour en finir avec Loana et Houellebecq (c'est la même chose à l'arrivée, en tant que marchandises spectaculaires), cette citation de Pier Paolo Pasolini (je mets les prénoms parce que je les trouve jolis).

"Le centralisme fasciste n’a jamais réussi à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation", écrivait-il. "Aujourd’hui, l’adhésion aux modèles imposés par le Centre est totale et sans conditions. Les modèles culturels réels sont reniés. L’abjuration est accomplie. (…) Via la télévision, le Centre a assimilé, sur son modèle, le pays entier, ce pays qui était si contrasté et riche de cultures originales. Une œuvre d’homologation, destructrice de toute authenticité, a commencé. Le Centre a imposé - comme je disais - ses modèles: ces modèles sont ceux voulus par la nouvelle industrialisation, qui ne se contente plus de "l’homme-consommateur", mais qui prétend que les idéologies différentes de l’idéologie hédoniste de la consommation ne sont plus concevables. Un hédonisme néo-laïc, aveugle et oublieux de toutes les valeurs humanistes, aveugle et étranger aux sciences humaines."

La citation est tirée de l'éditorial de Périphéries. C'est bien écrit, sans invectives. Un peu long à lire. Lorsque Pasolini parle du centre il ne s'agit pas de ce mouvement politique franchouillard aujourd'hui disparu et dont les leaders sont mis en examens ou retirés dans une prudente retraite, non, il s'agit de l'idéologie de la société de consommation, celle qui vient de lancer deux produits coup sur coup auprès de son public de prédilection, la classe moyenne : Loana pour les enfant et les adolescents, Houellebecq pour les grands.

 

 

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