lundi 29 mars
Bonjour. J'ai peu de temps. Il y a un disque dont il faut absolument parler. Il s'agit de Cubist Blues d'Alan Vega, Alex Chilton & Ben Vaughn. Vega chante comme un shaman en transe, chaque intonation est un régal ("MmmmmBABYoouh !"). L'ambiance est lancinante, hypnotique, bourrée de reverbération et de larsens menaçants, avec un côté Sun Records malade comme dans les early Cramps - produits justement par Alex Chilton. Du grand art.
mardi 30 mars
Cette vidéo est réservée exclusivement aux stoniens purs et durs. A ceux qui, comme moi, se demandent parfois s'ils ont eu raison de prendre le guitariste des Stones comme héros quand ils étaient teenager. On commence par un retour sur l'affaire Toronto à travers les coupures de presse de l'époque. Vient ensuite un montage d'images d'époque qui restituent le Keith Richards de notre jeunesse dans toute sa splendeur déglinguée. Keith was good.
mercredi 31 mars
Lu quelques trucs marrants mais pas le courage d'aller retrouver les liens (procrastination : attention aux excès). Le meilleur, et de loin, c'était le carnet de Raphaël Sorin au salon du livre. Défense de Dantec seul contre tous et sarcasmes anti-Inrocks, que du bon. Mais le blog de Sorin se trouve probablement dans vos favoris.
jeudi 1 avril
And I'm happy when it rains. Je profite des giboulées pour terminer Sang maudit de Hammett, roman bizarre et prenant. Moisson rouge est une machine narrative implacable qui avance en écrasant tout sur son passage. Ce roman, le deuxième donc, a une intrigue compliquée et une construction complexe en troies parties espacées dans le temps. Le récit foisonne de fausses pistes, de coups de théâtre et d'intrigues parrallèles. A plusieurs reprises, on se demande ce qu'on fait là et comment l'écrivain va pouvoir s'en sortir. A croire que Dashiell Hammett a écrit son roman sous l'influence des stupéfiants dont les effets sont décrits avec précision dans plusieurs scènes (notamment lorsque le héros aide une femme à décrocher de la morphine). Le Quarto est déjà amorti.
vendredi 2 avril
Il arrive que l'image dise tout.
samedi 3 avril
Waiting for a girl who's got curlers in her hair
Waiting for a girl she has no money anywhere
We get buses everywhere
Waiting for a factory girlDébut d'un feuilleton révolutionnaire à suivre sur Libération.
dimanche 4 avril
lundi 5 avril
Deux décisions dont je me félicite régulièrement : ne jamais mettre le Journal sur un blog et ne jamais y évoquer, même de très loin, qui vous savez.
mardi 6 avril
Mettons que je suis assez "photo" en ce moment. Probablements les changements de lumière...
mercredi 7 avril
Yesterday was a beautiful day. Ouais. Il faut dire que le basement était bouclé toute la journée pour cause de travaux. Obligation de rester en extérieur du matin au soir, sans ordinateur, sans musique, sans rien. Une expérience de l'extrême digne d'un reality show.
jeudi 8 avril
Ce qui m'a manqué pensant ces deux journées de plein air ? Le son de la guitare électrique. Dans les infos, pendant ce temps, les évènements se sont précipités autour de l'affaire des rumeurs. On n'avait pas eu un tel feuilleton depuis longtemps .
vendredi 9 avril
"C'était une intrusion dans une tout autre sorte de loisir : le loisir des esthètes qui jouissent des formes, des lumières et des ombres du paysage, des philosophes qui s'installent dans une auberge de campagne pour y développer des hypothèses métaphysiques [...]." Jacques Rancière, Le spectateur émancipé
samedi 10 avril
Il est 22:06 et je réalise que j'ai complètement zappé le Journal. L'effet Springtime, je suppose.
dimanche 11 avril
lundi 12 avril
Après une semaine dans le jardin du basement, je peux confirmer que nous sommes complètement sortis de l'hiver.
mardi 13 avril
Je n'ai découvert la version originale de Young Man Blues que récemment et j'ai adoré. Mose Allison était déjà un vioque à l'époque où on lisait son nom sur la pochette de Live At Leeds. Aujourd'hui, c'est un vieillard qui vient de sortir un beau disque, très cool, avec une voix miraculeusement intacte. Au fait, s'il y en a ici qui ont quelque chose contre les vieux, je n'ai qu'une chose à leur dire : direction Facebook et don't come back.
mercredi 14 avril
On s'habitue à tout, y compris (surtout ?) aux "miracles technologiques". Par exemple, on finit par trouver normal le fait de disposer d'une librairie musicale très étendue. Jusqu'au jour où vos fichiers amoureusement classés menacent de disparaître dans le crash d'un disque dur. Je ne souhaite ça qu'à mon pire ennemi (un petit chef psychopathe). Les signes de défaillance qui étaient apparus depuis quelques jours se sont confirmés hier matin. Il a fallu opérer des choix, exactement comme dans une maison en flammes. J'ai sauvé ma collection de vieux blues en la copiant sur une clé USB. Les bootlegs de Dylan ne tenaient pas. Argh ! Puis le disque dur a complètement cessé de répondre. Méchant coup de stress. J'ai passé le reste de la matinée à tenter différentes manipulations qui n'ont rien donné. A la fin, la machine est repartie toute seule, après un rituel magique de la dernière chance*. Le juke box géant était intact ! Depuis cet incident, je ne l'écoute plus de la même oreille.
*Le rituel en question n'ayant fait ses preuves qu'une seule fois à ce jour, on comprendra que j'hésite à le communiquer.
jeudi 15 avril
1984 : Dylan en répète avec un gang de jeunots nerveux appelé The Plugz. Il aurait pu partir en tournée avec eux, refaire un disque de rock digne de ce nom. L'option n'a pas été retenue et Dylan a sorti Real Live, un des pires disques en public de tous le temps. Comme dit l'autre, "a lost opportunity". (source)
vendredi 16 avril
"There is a Japanese visual art in which the artist is forced to be spontaneous. He must paint on a thin stretched parchment with a special brush and black water paint in such a way that an unnatural or interrupted stroke will destroy the line or break through the parchment. Erasures or changes are impossible. These artists must practice a particular discipline, that of allowing the idea to express itself in communication with their hands in such a direct way that deliberation cannot interfere." Bill Evans, notes de pochette pour Kind Of Blue (texte complet ici)
samedi 17 avril
On s'en souviendra comme "la semaine où on a parlé de Rimbaud". C'était étrange, assez incongru aussi - surtout en fin de journal télévisé. Mais bon, ce fut l'occasion de penser un peu à lui. Perso, j'ai commencé par les poèmes (soirs bleus d'été, bocks, promenade à l'ombre des marronniers...) J'avais pile dix-sept ans, ça me parlait. Plus tard, vers vingt ans, ce fut la révélation d' Une saison en enfer (avec l'impression d'avoir la mienne à traverser ). Et depuis, il y a toujours les Illuminations qui reviennent régulièrement comme un mystère crucial à élucider.
dimanche 18 avril
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