lundi 20 août

Il pleut sur le basement, les vacances rétrécissent à vue œil. Dans un tel contexte, il fallait du tonique, du costaud qui réchauffe les tripes et active la circulation. J'ai trouvé ce bouquin dans la bibliothèque du basement. Couverture défraîchie, aucun lien avec l'actualité littéraire. Je l'ai ouvert parce que je n'avais vraiment pas le choix (Kafka,c'est très bien, mais il faut quand même s'aérer un peu). J'avais oublié à quel point Fante était bon. Chaque phrase cogne juste. Vous perdez rapidement toutes vos défenses (toute distanciation esthétique), pour vous retrouver branché sur un jet ininterrompu d'émotion. Et putain, ça fait du bien.

mardi 21 août

"Le soleil frappa mon visage comme un gros oeil d'or, et me réveilla. Nous étions dimanche matin et la journée s'annonçait splendide. Je bondis de mon lit, ouvris grand la fenêtre et dis bonjour au monde entier, salut tout le monde ! Bonne chance à tous ! Un jour faste et tout neuf." John Fante

Ici, c'est un peu tout le contraire. Le ciel est plombé, il flotte sans interruption, et je n'ai pas envie de sortir de mon lit. Mais c'est ça, la magie de la littérature. Vous ne vous "évadez" pas de la réalité, comme disent les imbéciles. Mais vous trouvez tout formidable (le bruit de la pluie, la chaleur sous les draps, et même cette lumière grisée), simplement parce que vous êtes avec un bon livre.

mercredi 22 août

Le bon gros porno industriel, ça va. Mais l'érotisme sulfureux, raffiné et littéraire, non ça ne passe pas. Résultat, les blogs de Marie-Laure, écrivain/éditrice underground, sont régulièrement fermés. Aussi, une règle implicite veut que l'on fasse circuler sa nouvelle adresse en espérant que les brutes lui laisseront le temps de partager ses images et ses textes.

jeudi 23 août

Yeah ! Planète Terreur passe à 17h50 au "Grand Forum" de Plouc City. Je sais que ce sera un peu décevant, vite oublié, etc. Mais c'est plus fort que moi, j'aime ce frisson cheap. C'est lié à des souvenirs d'enfance, quand la salle de cinéma du village était le seul endroit d'où pouvaient venir des surprises excitantes. Et les bobines qui circulaient en rase campagne à cette époque, croyez moi, c'était de la série Z sans filtre. Mais au fait, pourquoi me justifier ? Je respecte ceux qui aiment les films "plein d'humanité". Qu'on me laisse déguster en toute bonne conscience mes films Grindhouse.

vendredi 24 août

Tout produit culturel doit sa survie à la promotion médiatique qui en est faite. Cette activité se traduit essentiellement par des interviews pour la presse, la radio et la télévision. Le monde qui se dessine dans ces interviews est féerique. Pas de coups bas pour saper la concurrence, de plans mesquins pour maintenir son territoire, comme dans la vie hors interview. L'argent n'existe pratiquement pas dans le monde merveilleux des interviews, ou alors uniquement comme moyen de donner plus au public, de mieux faire partager sa singularité universelle. C'est ça qui est beau dans le monde des interviews, cette générosité qu'on ne voit pas ailleurs, et qui n'existe que dans l'univers enchanté des supports promotionnels.

samedi 25 août

LE JANE SWEET SHOW

Spécial Françoise Hardy

 

C'est la plus belle, mais le répertoire n'est pas toujours à la hauteur. Ici, sur un texte ciselé par le beau Serge, elle est au top, indépassable.

 

Moi non plus, je n'ai pas revu la maison où j'ai grandi. Un jour, j'ai voulu survoler par satellite la rue où je jouais étant enfant. Une expérience déprimante que je vous déconseille

 

Ah les décors de plateau de "Dim Dam Dom" ! Où sont-ils passés ? Foutu le camp depuis un bail, comme le reste...

dimanche 26 août

 

lundi 27 août

(Ce qui va suivre est une FICTION. Toute ressemblance avec des personnages omniprésents dans les médias serait totalement fortuite.) Voilà. J'ai un scénario. Dans un pays imaginaire, les citoyens élisent sans le savoir un malade mental non diagnostiqué. Au début, tout feu tout flamme, le type fait illusion. Il en fait des tonnes, sa maladie le poussant à se faire aimer de l'opinion par tous les moyens, et ça marche. Sa côte dans les sondages est énorme. Mais son état mental se dégrade rapidement. Il y a un malaise grandissant chez ceux qui le fréquentent backstage. Certains ont acquis la certitude que quelque chose ne tourne pas rond chez l'élu bourré de tics (pétages de plombs, crises de violence, bouffées de mégalomanie, délire de persécution). Comme il fout la trouille à tous ceux qui le connaissent, personne n'ose parler. L'épouse se barre en catastrophe avec les mômes pour se mettre à l'abri. On est à peu près aux deux tiers du film. Il ne reste plus qu'à imaginer la fin (le climax). A suivre...

mardi 28 août

 

J'apprends que sur ce blog, j'ai déclenché une envie de vidéo de Françoise Hardy. En retour, moi j'y ai découvert cette superbe vidéo de Townes Van Zandt. That's the way things goes on the web... Et aussi, on peut trouver les disques d'ambiance ringards que mon oncle mettait pendant l'apéro pour frimer avec sa chaîne hi-fi (les enceintes hautes comme des armoires, c'était la grosse classe)

mercredi 29 août

J'errais sur le net, essayant d'oublier la rentrée. Mais au détour d'un blog, une citation me ramena à la dure réalité. "Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir - qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité ; et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme une divinité suprême." Que cette citation, qui date de 1881, soit d'une telle actualité, voilà qui permet de mesurer l'absence d'évolution de nos sociétés. Je vous laisse deviner qui en est l'auteur. Ce sera le dernier jeu de l'été. (image by Agence Eureka)

jeudi 30 août

Bien qu'aimant l'idée d'expérimentation pour le potentiel de liberté qu'elle implique, je la supporte finalement assez peu en tant que lecteur/spectateur/auditeur. J'apprécie cependant une certaine modernité, la recherche de nouvelles formes, en littérature comme au cinéma (un peu moins en musique, où j'avoue des goûts très basiques). Quand on me parle d'un roman non linéaire se déroulant le temps d'un trajet en voiture pendant lequel le personnage revoit sa vie, je sens comme un petit déclic de curiosité. Ce bouquin noyé dans la montagne de nouveautés tient-il ses promesses ? C'est toute la question du choix au moment de la rentrée littéraire.

Dernier jeu de l'été : Il s'agissait de Nietzsche, extrait d'Aurore (Mais Paul Lafargue, proposé par Lucien Suel, n'était pas du tout hors sujet).

vendredi 31 août

Il y aura probablement de plus en plus de motifs d'énervement dans les mois (les années ?) à venir. Lorsque ça vous démange, il vaut mieux que ça sorte, c'est bon pour les nerfs et ça peut faire du bien à ceux qui ressentaient la même irritation. Mais il ne faut pas en abuser. Certains blogs s'en sont fait une spécialité et, comme je l'ai dit, ce ne sont pas les sujets qui manquent. D'autres se réfugient à l'écart, dans un territoire bien circonscrit (images vintage, disques introuvables, cinéma underground, etc.). Enfin, il y a tous ceux qui se concentrent sur leurs petites peines personnelles - une solution qui a été curieusement encouragée durant la phase d'expansion des blogs. Le Journal participe un peu de tout ça au gré de l'humeur et n'appartient en fait à aucune catégorie clairement définie. On se retrouve finalement sur Internet exactement comme dans la vie. No escape.

samedi 1 septembre

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Que François Bon ne le prenne pas mal, je ne lirai probablement pas sa bio de Dylan. C'est seulement que son livre tombe mal, à un moment où j'essaie de me désintoxiquer de différentes choses, dont Dylan. Ce n'est pas sa musique (j'écoute en ce moment quelques bootlegs somptueux). J'essaie d'oublier cette fascination qui constitue justement le sujet de ce bouquin, comme l'expliquait son auteur l'autre matin sur France Culture. J'ai déjà passé suffisament de temps à essayer d'imaginer les sessions de Blonde on Blonde ou à me demander ce qui avait pu se passer chez ce toubib, après l'accident de bécane. Avec François Bon, c'est la rechute assurée. Si vous ne voyez pas bien à quoi je fais allusion, alors lisez ce livre.

dimanche 2 septembre

 

lundi 3 septembre

On ne rigole plus. Je me remets un petit coup de Bye Bye Johnny pour me donner du courage. Dans les moments difficiles, il ne faut pas hésiter à faire appel aux valeurs sures. J'en parlais récemment avec un ami stonien, lors de cette tournée en 72, ils étaient vraiment au summum de leur art. Personne n'a retrouvé la formule magique, surtout pas les Stones eux-même. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais comme le dit le titre de ce bootleg au son faramineux : "You Can't Do That Baby".

mardi 4 septembre

La saison 3 de Desperate Houewifes va bientôt débarquer sur M6. Elle est arrivée un peu en avance au basement. Bien que n'étant pas très "série", j'ai craqué pour cette saison totalement réussie. Le scénario est un habile dosage entre divers registres qui s'entrecroisent : romance, intrigue policière, drame, comédie. Mais ce qui donne du relief aux mésaventures des habitants de cette banlieue chicos, c'est la critique sociale grinçante du middle class dream. Tout n'est qu'illusion, l'apparence de la réussite matérielle cache des vies ratées, les personnages exemplaires peuvent s'avérer des criminels et les choses peuvent à tout moment se transformer en leur contraire. Finalement, Desperate Housewifes est une grande série taoïste.

mercredi 5 septembre

"It's not that I hate Bob Dylan, it's just that I don't understand the obsession with him or his songs. It always sounded to me like any other type of song" Tu as de la chance, man. J'aimerais bien pouvoir arriver à ce détachement, but I can't. Je l'ai ramenée un peu trop vite avec mes bonnes résolutions de toxicomane. En rentrant du boulôt, j'ai sauté sur le numéro hors série des Inrocks comme un junkie sur sa méthadone. Bon, voilà. Que vous en dire ? C'est un bon numéro, très complet. Les anciens n'apprendront sans doute rien de nouveau. Ils goûteront certains papiers bien envoyés, des photos jamais vues (il en restait donc encore). Le CD de covers livré avec le journal contient quelques surprises agréables (Herman Dûne, Ben Watt). Si vous avez un petit neveu qui tourne autour de la montagne en se demandant par où l'attaquer, ce numéro est pour lui.

jeudi 6 septembre

Il faut me laisser un peu de temps. Quelques jours, je pense. Après, ça sera plus cool. Mais pour le moment, je dois me concentrer sur cette rentrée.Le plus drôle, c'est que j'aime assez ces périodes où il faut sortir du basement pour retrouver le fight. Pour être honnête, je les apprécie surtout après, en tant que souvenirs. Et la pochette des Pretenders ? Aucun rapport. Je n'ai même pas réussi à écouter ce bootleg. Le visuel (comme on dit dans la com') est assez réussi, non ?

vendredi 7 septembre

Le type élégant à droite c'est William Eggleston, un photographe qui m'a collé un sacré choc lorsque je l'ai découvert dans une exposition à la Fondation Cartier. Depuis, j'ai passé beaucoup de temps à scruter ses images sans jamais en épuiser la magie ni comprendre vraiment pourquoi elles me font un tel effet. Le type à gauche s'appelle Garry Winogrand. Son nom ne me disait rien alors j'ai fait une petite recherche pour savoir qui était l'interlocuteur de mon photographe préféré. En fait, je le connaissais. J'avais déjà scotché sur ses photographies de rue en noir et blanc, comme celle-ci que je trouve simplement superbe, ou encore celle-là. Bref, j'aime Garry Winogrand, ses photographies et aussi ce qu'il en dit.

samedi 8 septembre

La petite surdouée a défrayé la chronique tout l'été à cause de son rock n' roll way of life. J'ai lu dans Rolling Stone que son père appelait au boycott des CD de sa fille pour l'obliger à arrêter les excès. Puis il y a eu l'annonce de plusieurs concerts annulés aux Etats-Unis. Comme au même moment paraît une enquête "scientifique" sur la surmortalité des rock stars, on s'inquiète un peu pour Amy. Lève le pied, baby. You're too young to die.

dimanche 9 septembre

 

 

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