dimanche 15 octobre
" Toutes les fois que je demandais à Allen quels étaient, hormis lui-même, les grands poètes américains vivants, il dressait toujours une liste invariable, seul l'ordre changeait : Gary Snyder, Gregory Corso, John Wieners, Philip Whalen, Philip Lamantia. "Miche Bulteau, Allen Ginsberg, le chant de l'Amérique
lundi 16 octobre
Jane is back, mais en douceur. Je suis mobilisée par un projet qui implique le GFIV au grand complet. Ici, ça sera peut-être différent. Je garderai des billes pour l'uvre commune. L'essentiel, c'est que le show continue. I love you (oui même toi, le zombie masqué).
mardi 17 octobre
Cela arrive. Vous ouvrez un livre et, comme dans un rêve, vous avez l'impression que les phrases que vous lisez sont de vous. Passé l'instant du saisissement esthétique, on vérifie quand même. Et dans le moindre détail, on a la confirmation : ce livre, on aurait aimé l'écrire. Sauver sa narration, comme le dit si bien Chloé Delaume, c'est probablement l'enjeu. Pendant ce temps, "pour Royal, la confiance règne" (Libération).
mercredi 18 octobre
Nous sommes juste au moment où le pianiste va se lancer dans cet incroyable solo. A treize ans, je ne connaissais pas le free jazz. J'étais en vacances chez une tante, aimable légume , bourrée de neuroleptiques. Lorsqu'elle m'a demandé ce que je voulais comme cadeau, je n'ai pas hésité. Elle me l'a offert l'air pincé, à cause de la pochette je suppose. J'ai découvert le disque en sourdine, pendant que les adultes poursuivaient leurs conversations plombées dans la pièce à côté. J'ai tout de suite aimé cette chanson et le jeu du pianiste. Vers la fin, lorsqu'il est rejoint par le sax, puis la voix (ouuuuuuuuuuuh), c'était la vraie vie, la perfection de l'art qui transcende les vacances chez les tantes maniaco-dépressives.
jeudi 19 octobre
Il faut sauver les instituts de sondages. Un nouveau plantage pourrait leur être fatal.. Avez-vous vu les directeurs mouiller la chemise sur les plateaux de télé pour marteler que leur favorite enfonce la concurrence ? Sueur, surpoids à la Hollande, rires nerveux suivis d'une brusque prostration : tout les symptômes du stress ultime. Alors ayez pitié et confirmez leur pronostic. C'est un devoir citoyen.
vendredi 20 octobre
A Nuremberg, les nazis se sont comportés comme des lopettes. C'est d'ailleurs ce qui a le plus étonné les observateurs : la médiocrité du mal (pour paraphraser Arendt).
samedi 21 octobre
Telle que nous pouvons la percevoir, l'affaire Clearstream apparaît comme un scénario très mal foutu. Mais à ce stade, ce qui a pu se produire vraiment entre les différents acteurs (le Réel) s'efface devant la représentation de la "recherche de la vérité" (la réalité médiatique et fantasmatique). J'emprunte la distinction entre Réel et réalité à un philosophe qui a un nom bizarre et dont je vous reparlerai probablement d'ici peu.
dimanche 22 octobre
" L'oeil évoquait vaguement, plutôt qu'une maison habitée, ces Réserves ou ces Pavillons discrètement luxueux et un peu retirés qui respiraient au large sous les arbres d'été pour une clientèle choisie auprès des champs de courses ou des golfs à la mode, et que l'hiver fait ressembler soudain - rouillés, délavés, déteints - à un paquebot échoué sous les branches d'une crique perdue. " Julien Gracq, La presqu'île
lundi 23 octobre
Suite du feuilleton culte diffusé par l'AFP. Confidences du patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, aux juges de l'affaire Clearstream (qui ont des noms assez communs : Jean-Marie d'Huy, Henri Pons). Une note désignant Jean-Louis Gergorin dès septembre 2004 comme le manipulateur aurait été détruite, mais Pierre de Bousquet de Florian ne se souviens plus très bien si c'était par lui-même ou par Dominique de Villepin. Qui a parlé d'une caste, d'un réseau occulte ? Les cheveux blancs coiffés en arrière comme signe de reconnaissance ? Vous plaisantez ? Bien sûr.
mardi 24 octobre
Warning ! Ceci n'est pas un blog. Les commentaires, le formatage visuel et l'heure d'envoi, c'est de la merde. Et comme je n'aime pas rester sur une note négative, juste ça. A quoi reconnaît-on une bonne version sur le Never Ending Tour ? Il faut d'abord que la chanson soit une surprise de derrière les fagots, rarement jouée sur scène. Ensuite, il y a des signes qui ne trompent pas, comme les cris de joie qui fusent dans le public ou les pas de danse du vieux Bob à la fin.
mercredi 25 octobre
My space, je n'arrive même pas à comprendre. Pour un groupe qui balance ses maquettes et ses dates, d'accord. Mais les autres ? Ceux qui ne font rien ? Racoler en étalant ses goûts ? Et puis quel est l'intérêt d'avoir des "amis" à cet endroit et dans ces conditions ?
jeudi 26 octobre
Personne n'est encore levé. J'écoute Johnny Cash (Personal Files). Belle voix de cow-boy, plus pure que dans les derniers enregistrements, qui s'élève dans le basement endormi. Ensuite, j'irai marcher dans les premières feuilles mortes en méditant sur la brièveté de la vie.
vendredi 27 octobre
Homo sucker : concept inventé par Slajov Zizek (le philosophe au nom bizarre, c'était lui). Désigne "le mode libéral prédominant de la subjectivité aujourd'hui". L'homo sucker, selon Zizek, c'est l'individu (homme ou femme) n'ayant de cesse de manipuler et d'instrumentaliser autrui. Ne me dites pas que vous n'en avez jamais rencontré.
samedi 28 octobre
1. Je suis d'une nature hypersensible. Lorsque qu'un charnier passe à la télé, je détourne les yeux ou je zappe. Idem pour les scènes de violence dans les films (sauf le grand guignol à la Tarantino). C'est la raison pour laquelle je ne peux envisager de m'embarquer pour une virée de 900 pages en compagnie du Grand Prix du roman de l'Académie française. Il ne s'agit nullement d'un jugement littéraire, encore moins d'un "refus de se laisser saisir par le fort vent du romanesque".
2. Sinon, dans le web "communautaire", à part les blogs (de merde) et l'énigme My Space, il y a quand même You Tube, qui permet de voir des choses incroyables comme les Faces jouant Love In Vain à la BBC en 71 (pour quadras only).
dimanche 29 octobre
" Il doit y avoir des îles là-bas au sud des choses
Où souffrir est une chose plus douce,
Où vivre coûte moins à la pensée,
Et où l'on peut fermer les yeux et s'endormir sous le soleil
Et se réveiller sans avoir à penser à des responsabilités sociales
Ni quel jour du mois ou de la semaine on est aujourd'hui."
Fernando Pessoa, Poèmes d'Alvaro de Campos